Gamou (MAWLÛD)  : Célébration de l’anniversaire de la naissance du Prophète Mouhamad (Paix et Salut sur Lui)

La Réhabilitation de l’Anniversaire de la Naissance du Prophète (Paix et Salut sur Lui) par Cheikh Ahmadou Bamba Serviteur Privilégié du Prophète

La considération que Cheikh-Al-Khadîm (le maître serviteur) accordait à la Nuit de la Naissance du Prophète (Paix et Salut sur Lui) se mesure en référence l’ardent Amour qu’il a pour Lui et par sa mission de réhabilitation de tout ce qui touche à Son message.

 Vivant dans une société islamisée depuis longtemps, la population n’avait pas rompu avec le folklore et faisait l’amalgame entre les aspects spirituel et populaire des événements.

¬†Ainsi la purification de la c√©l√©bration fut men√©e par le Cheikh en enseignant aux musulmans les r√©lges de conduites √† observer.  » Sa c√©l√©bration conform√©ment √† la tradition » a-t-il- recommand√© car les anc√®tres la c√©l√©braient de fa√ßon non conforme √† la bonne voie.

A cela s‚Äôajoutent les Pan√©gyriques et la production inestimable, faites sur le Proph√®te, donnant ainsi aux musulmans l‚Äôoccasion d‚Äôavoir de quoi vivifier la nuit. Ainsi on peut citer quelques po√®mes tr√®s c√©l√®bres commun√©ment appel√©s « Mawl√ªd », car psalmodi√©s int√©gralement durant la nuit de la naissance du Proph√®te (Paix et Salut sur Lui).

On peut citer en guise d’exemple :

  • L‚Äôattirance des c≈ìurs (Jazbul Qul√ªb) (165 vers)
  • Les Dons du Profitable (Maw√¢hibu-n-N√¢fic) (166 vers)
  • Les Pr√©mices des Eloges (Muqaddim√¢tul Amd√¢h) (192 vers)

Aussi le Cheikh marquait Lui même la célébration par sa présence, et donnait les directives et la manière de se confomer à la tradition. Il assurait lui même l’organisation. Bien que la célébration de l’anniversaire corresponde à la 12 éme nuit, il dit :

« Je m‚Äôadonne √† sa vivification tout le mois durant »

disant par là, qu’il célébre tout le mois de la Naissance du Prophète.

Pour illustrer davantage l’importance que Serigne Touba accordait à l’anniversaire de la Naissance du Prophète, nous rappelons ce qui suit :

« La Nuit de la Naissance du Proph√®te le rendait tr√®s heureux. C‚Äôest aux calendes de la Naissance de l‚ÄôElu que quiconque le connaissait, avait plus d‚Äôentrain √† la sollicitation d‚Äôune quelconque faveur, √† cause de la parfaite b√©atitude qu‚Äôon savait en lui. Et au courant du mois de la Naissance de l‚ÄôElu, quand le mois s‚Äôacheminait √† sa fin, on se rendait compte que cette joie s‚Äôestompait progressivement ».

(cf. sermon de Serigne Saliou MBACKE le 19 Safar 1411.H, 19 Septembre 1990)

¬†A cela, s‚Äôajoute la recommandation formelle qu‚Äôil donnait √† ses disciples de la c√©l√©brer partout o√π ils r√©sidaient. Ainsi, les grands disciples du Cheikh apr√®s avoir termin√© leur √©ducation spirituelle sous ses auspices, ont eu l‚Äôautorisation de fonder de nouveaux foyers d‚Äô√©ducation partout au S√©n√©gal, rendant ainsi davantage populaire la c√©l√©bration du « Mawl√ªd » dans sa forme actuelle, c‚Äôest √† dire en conformit√© avec la Tradition(Sunna).

La Célébration publique sous les auspices du Serviteur du Prophète Khâdimu-r- Rasûl.

Si la vivification de l’anniversaire de la Naissance du Prophète à Diourbel est restée célèbre en milieu Mouride, et dans tout le Sénégal, c’est bien sûr en référence à sa célébration sous la supervision directe de Khâdimu-r-Rasûl.

Malgré son assignation en résidence surveillée à Diourbel (de 1912 à 1927), malgré l’interdiction de former un attroupement ou toute réunion de personnes faite à Serigne TOUBA par l’administration coloniale, les mourides ont toujours répondu à l’appel de leur maître.

Quand l‚Äôannivesaire de cette Nuit arrivait , les gens affluaient de partout vers la r√©sidence du Cheikh. L‚Äôesplanade de la moqu√©e de « Keur Gou Mag » (nom du quartier o√π se situe la r√©sidence du Cheikh) grouillait de monde. Et l‚Äôadministration coloniale qui surveillait strictement toutes les manifestations √† caract√®re religieux ne cessait de faire des comptes rendus d√©tail√©s de ces cel√©brations.

 » De nombreux mourides sont all√©s √† Diourbel c√©l√©brer la Naissance du Proph√®te (30 Septembre-1er Octobre- 12√®me lune du mois de reb√©-l‚Äôaoul ). La gare de Thi√®s a d√©livr√© 1229 billets aux p√®lerins. Les trains venant de Dakar √©taient bond√©s. Les voyageurs noirs juch√©s sur les imp√©riales des wagons criaient leur enthousiasme. L‚Äô√©l√©ment jeune dominait. Il n‚Äôy a eu aucun incident . » (Archives du S√©n√©gal, extrait 2G 25/54, Rapport Politique Octobre 1925, Thi√®s)

Cet extrait est r√©v√©lateur sur l‚Äôampleur du « Gamou » (appelation locale du Mawl√ªd) de Diourbel. A ces p√®lerins pr√©sents, s‚Äôajoutaient des habitants venant de toutes les contr√©es du S√©n√©gal. Ceux qui habitaient les environs de Diourbel venaient par tous les moyens : charrettes, √† pied etc. Ce nombre impressionnant ne repr√©sentait rien compar√© √† la population de Diourbel qui marquait fortement de sa pr√©sence la Nuit du Mawl√ªd.

Pendant la célébration , les uns lisaient le Saint Coran, les autres chantaient en Chœur les Louanges de l’Elu, le Meilleur, d’autres s’affairaient à offrir à manger et à boire à toute l’assistance sans distinction. Dans la résidence du Cheikh, on préparait toute sorte de mets qu’on distribuait aux personnes venues célébrer cette nuit dans la communion.

On distribuait aussi du thé, du lait, du café etc. Tous ses contemporains, sans exception voyaient en lui, quand le mois Rabîhul Awwal arrivait, une joie incommensurable et une disponibilité toujours prête à exaucer les vœux de tout requérant.

Quant on célébrait la nuit de la Naissance de son Bien-Aimé le Prophète , il était dans une joie indescriptible. Ainsi, il pulvérisait les chantres de parfums, et telle une avalanche, les comblait de dons et de cadeaux de toutes sortes. Ses actions ébahissaient l’assistance devant le poids des charges qu’il soulevait, car croyant qu’une seule personne ne pouvait être en mesure de déplacer de telles charges .

Cette célébration publique du Mawlûd par le Cheikh, a incité les musulmans de notre pays à avoir plus de courage au point de braver l’interdiction du colonisateur. Car notons au passage que cette période (fin 19 ème siécle), coincidait avec la fin de la conquête coloniale. La France avait une main mise sur toute l’étendue du territoire. Avec son autorité expantionniste, elle avait domestiqué le reste des souverains locaux, et s’était accordée le dévouement des notables religieux. Par cette célébration, Cheikhoul Khadîm engageait le Dâr-Al-Islam dans la conquête fervente de l’indépendance dans l’exercice du culte exclusif rendu à DIEU.

Enseignements de CHEIKH AHMADOU BAMBA sur le MAWL√õD

Tout ce qui constituait une source de glorification pour les mécréants s’est effondré la nuit même de la Naissance de l’Elu.

Ces faits extraordinaires laissaient pressentir un changement d’ordre dans l’Univers. Ainsi, tous ceux qui avaient gardé leur croyance aux livres révélés authentiques, savaient pertinemment que cette Lumière d’une intensité jamais égalée, allait anéantir le Faux. De même, tous ceux qui avaient une connaissance tant soit peu des enseignements de ces livres, n’avaient plus aucun doute que le Messager tant attendu était venu.

Dans sa versification sur les Panégyriques du Prophète (Paix et Salut sur Lui), intitulé l’Attirance des Cœurs (Jazbul Qulûb) le Cheikh nous décrit ces miracles grandioses qui avaient ébloui tout l’ Univers. Entre autres on peut citer :

  • Cette Nuit renferme des Miracles apparents, tenus authentiquement des rapporteurs, tels que le feu (des pyr√®es) qui s‚Äô√©teignit, avec la dissipation de la d√©tresse
  • La source de (« Sawa »)qui √©tait si √©minente et si prestigieuse pour la Perse avant la Religion (Musulmane) √©tait devenue inexistante
  • Tels que les cailloux lanc√©s en com√®tes pour chasser les suspects de leur espionnage des nouvelles du Proph√®te, et ils retourn√®rent avec regret
  • Cette Nuit, le Maudit [Satan] a √©t√© chass√© des sph√®res c√©lestes par des jets sous forme d‚Äô√©toiles filantes et il prit la fuite, bredouille et bl√¢m√© avec sa faction en d√©tresse
  • A rayonn√©, au Moment o√π naquit le Meilleur Proph√®te – que CE¬≠LUI Qui a guid√© son c≈ìur par les Sagesses Lui accorde Sa Pri√®re -
  • Une Lumi√®re Sublime par laquelle celui qui se trouvait dans la M√®re des cit√©s – la Mecque qui est la Meilleure Enceinte Sacr√©e – apercevait le Palais de C√©sar
  • Le hall (du Palais) de Choroes (Kesra) a craqu√© dans cette Nuit, alors que, jadis, sa toiture √©tait si √©lev√©e vers le Ciel de CELUI QUI HONORE
  • Au point que le lit (de repos imp√©rial) se brisa, √† cause d‚Äôune grande terreur qui frappa, issue de la Lumi√®re de la Meilleure des cr√©atures ; SEIGNEUR ! accorde-Lui Ton Salut

 

Les Grâces attachées à la célébration de l’Anniversaire de la Naissance du Prophète (Paix et Salut sur Lui).

Serigne Touba dans une versification suscitée écrit :

  • Quiconque la c√©l√®bre conform√©ment √† la Tradition obtiendra toutes les gr√¢ces rattach√©es √† sa c√©l√©bration.
  • Sa c√©l√©bration conform√©ment √† la Sunna (la Tradition) nous conduit vers le Paradis ; par elle, les bienfaits augmentent en faveur du sinc√®re qui glorifie
  • Quiconque c√©l√®bre la Naissance de notre Proph√®te qui est la Porte de la Bonne Guid√©e, point il ne sera soumis au R√®glement des Comptes Demain ; alors, honore et glorifie cette Naissance
  • Quiconque c√©l√®bre la Naissance de la Meilleure Cr√©ature, en l‚Äôoccurrence le Plus Louang√© (Ahmad), celui-l√† est comme un martyr ayant combattu √† Bedr et ce, sans illusion
  • Celui qui fait une d√©pense √† l‚Äôoccasion de la c√©l√©bration de son Honorable Anniversaire, en biens, sans gaspillage, fut-ce l‚Äô√©quivalent d‚Äôun « dirham »
  • Celui-l√† est comme quelqu‚Äôun ayant √©t√© pr√©sent le Jour de « hunayn » avec patience et le Jour de Bedr ; puis ayant soutenu la Meilleure Cr√©ature qui facilite la compr√©hension
  • Celui qui c√©l√®bre la Naissance de notre Proph√®te qui est la Porte de la Bonne Guid√©e ne sera pas contr√¥l√© Demain, au moment du R√®glement des Comptes d√©sarmant
  • Celui qui assiste √† l‚ÄôAnniversaire de la Naissance de la Meilleure des cr√©atures, en la c√©l√©brant par la communion, dans la r√©jouissance, avec du sucre ou de la viande
  • Celui-l√† est certes nanti de ce qui p√©rennise la joie et il ne rencontrera pas de malheur le Jour du Rassemblement des Communaut√©s
  • Celui qui pr√©sente un repas √† celui qui chante ou lit un texte liturgique, pour l‚Äôhonorer, r√©unira les bienfaits des gens dou√©s d‚Äôune force de d√©cision spirituelle
  • Celui qui r√©cite des pan√©gyriques, lors de la c√©l√©bration de la Naissance de la Meilleure des cr√©atures, sur quelque chose pour l‚Äôoindre, celui-l√† verra, pour cette chose, un essor de plus en plus b√©nit
  • Si on r√©cite sur de l‚Äôeau des pan√©gyriques, lors de la c√©l√©bration de la Naissance du Meilleur du genre humain, le fait de boire de cette eau pr√©serve de la machination de Satan, par la Gr√¢ce de la Cr√©ature Purifi√©e
  • L‚Äôabsorption de cette eau, gr√¢ce √† l‚ÄôExauc√©, illumine le c≈ìur et le vivifie, sans d√©faut, et celui qui l‚Äôabsorbe sera pr√©serv√© du malheur
  • La vivification [de la c√©l√©bration] de la Naissance de l‚ÄôAnnonciateur des Bonnes Nouvelles prot√®ge les familles et les demeures, elle renferme le Rem√®de des c≈ìurs pour tout individu se r√©clamant de sa Direction.

 

Extrait de l’Attirance des cœurs V46 à 59.

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