Une ville pour la face de Dieu

touba

La cit√© de Touba constitue le symbole le plus parlant dans l’enseignement de Cheikh Ahmadou Bamba. En effet, TOUBA constitue la mat√©rialisation de l’ambition de Cheikh Ahmadou Bamba de r√©aliser l’Islam dans son essence, √† savoir « Din, Dawla, Dunya » (religion, communaut√© et monde).

Dans l’√©tymologie, le terme TOUBA signifie « Le Grand Bien ». Au moment de sa d√©couverte par Cheikh Ahmadou Bamba en 1887, ce site retir√© situ√© au centre du S√©n√©gal, ne pouvait pr√©senter d’int√©r√™t que pour un mystique √† la recherche d’un lieu assez dissuasif pour le commun des mortels, mais procurant l’isolement propice √† des relations spirituelles. Son fondateur, Cheikh Ahmadou Bamba, lui consacrera une ode, MATLABUL FAWZEYNI (Qu√™te de la r√©ussite dans les deux mondes) dans laquelle il expose sa vision de Touba.

 Le Cheikh y accorde une place éminente à la spiritualité et à la connaissance.

¬† »Fais que cet √©tablissement soit un √©tablissement de pi√©t√©, de science et de religion. Qu’il soit une source d’√©levation. » (vers 193)

« Fais que cet √©tablissement soit un lieu d’adoration d’ALLAH le Mis√©ricordieux et de rejet de Satan le B√¢ni. » (vers 197)

« Fais que cet √©tablissement soit un r√©ceptacle d’enseignements, un lieu de m√©ditation et d’entendement. » (vers 218)

¬† »Fais qu’il soit un lieu d’√©ducation et un magist√®re d’enseignements. » (vers 219).

 La réussite de ce lieu sera, outre ses fonctions premières, liée à sa prospérité économique et à son ouverture:

¬† »Fais que cette terre soit une terre de richesse, de s√©curit√©, de mis√©ricorde, d’abondance tout le temps. » (vers 201)

¬† »R√©unis en cet √©tablissement tous les biens d’o√π qu’ils viennent (de l’Est, de l’Ouest, du Nord, du Sud, du ciel, de la terre). » (vers 226)

¬†De la conjonction de tels avantages peuvent na√Ætre des d√©rives ou des catastrophes que Cheikh Ahmadou Bamba prie ALLAH d’exorciser:

« Prot√®ge mon √©tablissement de tous les libertins … » (vers 72)

« Prot√®ge cet √©tablissement du vagabondage et de la d√©linquance et de la promiscuit√©.

Eloigne de cet établissement toute épidémie, toute catastrophe

Que son eau soit potable et son alimentation saine. » (vers 224)

¬†La cit√© de Touba, qui constitue aujourd’hui un p√¥le √©conomique majeur au S√©n√©gal, peut se targuer d’√™tre l’unique cit√© au monde √† √™tre fond√© dans le seul but de servir ALLAH. Cette dimension multiple de Touba qui va du spirituel au temporel explique la place de choix qu’occupe la sainte cit√© dans le coeur des adeptes de l’enseignement de Cheikh Ahmadou Bamba (les mourides).

¬†Dans l’esprit des membres de la communaut√© religieuse mouride, leur centre spirituel est per√ßu comme un lieu privil√©gi√© par ALLAH, un refuge sur terre comme dans l’au-del√†.

En effet, selon l’hagiographie, Cheikh Ahmadou Bamba, au terme d’une asc√®se particuli√®rement intense dans le mois de Ramadan de 1895, en sa mosqu√©e de Darou Khoudoss √† Touba, a recueilli du Proph√®te Muhammad (Sur Lui la Paix et le Salut du Tr√®s-Haut) des r√©v√©lations sur son destin personnel et celui de Touba (pour plus de d√©tails cf. le sermon de Cheikh Abdoul Ahad MBack√© √† l’approche du Magal de 1979) La gloire √† laquelle il aspirait dans le service d’ALLAH, lui a-t-on appris, ne pouvait √™tre atteinte qu’au terme d’√©preuves incompatibles avec sa pr√©sence √† Touba. Et le Proph√®te (PSl) de lui transmettre l’ordre divin: « Tu dois quitter Touba. Tant que tu demeures dans ce lieu, tu seras √† l’abri des √©preuves car ALLAH a exauc√© toutes tes pri√®res sur Touba. »

Cela explique que les fid√®les qui vivent hors de Touba expriment de mani√®re unanime dans leurs derni√®res volont√©s le souhait d’y √™tre enterr√©s un jour, en vue de la r√©demption promise dans le vers 196 de l’ode « Matlabul Fawzeyni »:

« Fais que cet √©tablissement soit un lieu de p√®lerinage pour les indigents ici bas.

¬†Qu’il soit un argument d√©cisif pour le contrevenant dans l’au-del√†. »

Les mourides se repr√©sentent donc Touba comme leur p√¥le spirituel majeur au S√©n√©gal. A ce titre, chaque mouride se fait un devoir de contribuer √† son prestige et √† son rayonnement, en y am√©nageant une demeure sur la parcelle obtenue gratuitement, et, en vivant le message de paix et de fid√©lit√© √† ALLAH et au Proph√®te (PSL) de l’Islam d√©livr√© par les enseignements et la vie de Cheikh Ahmadou Bamba.

 

 Touba et son évolution

Fond√©e en 1887 par Cheikh Ahmadou Bamba, la ville de Touba conna√Ætra de 1887 √† 1927 une certaine stagnation dans son d√©veloppement, caus√©e par les nombreux d√©m√™l√©s entre les autorit√©s coloniales et le Cheikh, souvent l’objet de d√©portations ou de mises en r√©sidence surveill√©e afin de briser son influence grandissante dans la colonie fran√ßaise que constituait le S√©n√©gal de la fin du 19√® si√®cle.

¬†D√®s lors, le peuplement qui commen√ßait √† se former autour de Touba se dispersait au fur et √† mesure que l’absence du Cheikh se prolongeait et Touba ne se distinguait pas particuli√®rement des autres centres de la foi mouride. Certains d’entre eux, √† l’instar de MBack√© et Darou Salam, pesaient d’ailleurs plus lourd par leur population et leurs fonctions.

¬†C’est √† la disparition de Cheikh Ahmadou Bamba en 1927 que Touba allait commencer une ascension vers un destin exceptionnel. La pr√©sence du mausol√©e du v√©n√©r√© Cheikh et l’installation sur le site de sa famille auparavant diss√©min√©e en divers villages devait y attirer des p√®lerins en nombre croissant dont certains finirent par y rester √† demeure.

¬†N’ayant aucune contrainte spatiale sauf au Nord o√π son expansion est frein√©e par la ville de Mback√©, Touba s’√©tend √† un rythme jusqu’ici in√©gal√© en Afrique.

Le taux de croissance d’occupation des terres √©tait de plus de 3% en 1990. Il est projet√© √† 8% d’ici √† l’an 2010.

L’occupation spatiale de Touba qui √©tait de 755 hectares en 1887, est pass√© en 1975 √† 1926 hectares. En 1988, elle est de 3600 hectares. Les projections les plus basses pour l’an 2010, sont de 12 000 hectares (11912 ha) faisant de Touba la plus importante ville du S√©n√©gal √† cette date du point de vue superficie occup√©e, d√©passant ainsi la Communaut√© Urbaine de Dakar qui occupe actuellement 8.000 hectares des Mamelles des Almadies √† Bargny.

¬†Parall√®lement, le taux d’√©volution d√©mographique suit la m√™me pente ascendante. Des 3,2% annuel actuel, ce taux est projet√© √† 12% pour la p√©riode 2010. La population de la ville sainte est estim√©e aujourd’hui √† plus de 600 mille habitants. Celle-ci √©tait d√©j√† de 132.399 habitants en 1989, tandis que la capitale administrative dont d√©pend Touba, Diourbel, n’h√©bergeait dans le m√™me temps que 76.000 habitants.

¬†Pourtant, Touba, cr√©√©e en 1887 par Cheikh Ahmadou Bamba Mback√©, le guide spirituel du mouridisme, n’a √©t√© ni un point d’appui √† la p√©n√©tration coloniale au S√©n√©gal comme l’ont √©t√© Saint-Louis ou Dakar, ni un centre administratif ou √† vocation originellement √©conomique, encore moins un centre adoss√© √† une voie importante de communication.

La cit√© ignore l’occupation anarchique des sols et les d√©rives sociales auxquelles expose g√©n√©ralement la croissance urbaine pr√©cipit√©e dans les pays en voie de d√©veloppement.

¬†Le catalyseur du d√©veloppement de Touba est √† chercher dans le dessein de cit√© islamique mod√®le que lui a d√©volu son fondateur. C’est cette singularit√© qui explique la dimension essentielle de Touba dans le patrimoine spirituel des mourides et dans le sacerdoce des diff√©rents khalifs qui ont eu √† jouer le r√¥le de guide du mouridisme depuis la disparition de Cheikh Ahmadou Bamba en 1927.

En sa qualit√© de continuateur de l’oeuvre de Cheikh Ahmadou Bamba et donc garant de l’ordre mat√©riel et moral r√©gnant dans la cit√©, c’est le khalif en exercice qui incarne l’instance o√π se d√©finissent les choix d’am√©nagement de la cit√©.

¬†Ainsi, le premier khalif, Cheikh Mouhammadou Moustapha MBack√©, bien qu’ayant exerc√© pendant la p√©riode difficile de l’entre deux-guerres, a r√©ussi √† sortir Touba de l’anonymat comme lieu g√©ographique. Ses deux actions les plus marquantes auront √©t√© le d√©marrage des travaux de la Grande Mosqu√©e et la mise en place de l’embranchement de la voie ferr√©e Diourbel-Touba.

¬†L’extension de Touba s’est poursuivie sous l’exercice du khalif El Hadji Fallou MBack√© qui a impuls√© un d√©but d’urbanisation moderne √† la cit√©. Mais l’on retient surtout de son exercice les deux √©v√®nements majeurs que constituent l’ach√®vement et l’inauguration de la Grande Mosqu√©e en 1963 et le rapprochement de la gare ferroviaire √† 500m de la Grande Mosqu√©e pour faciliter le mouvement des p√®lerins lors du Grand Magal de Touba.

¬†C’est avec l’av√®nement du 3√®me khalif de Touba (Cheikh Abdoul Ahad MBack√©) qu’une √©tape d√©cisive a √©t√© franchie dans la croissance de Touba. En effet, entre 1968 et 1989, l’espace urbanis√© est pass√© de 1129 √† 3600 ha.

Durant cette p√©riode, des chantiers prestigieux ont √©t√© ouverts tels l’√©dification de la Biblioth√®que, le d√©marrage des travaux de l’Universit√© Islamique, l’extension de 4000 √† 6000 places de la capacit√© de la Grande Mosqu√©e, son embellissement, la construction de « Keur Serigne Touba » (la r√©sidence des h√¥tes de marque de la ville), l’√©quipement de la source d’eau b√©nite de A√Ønou Rahmati.

¬†Depuis 1990, avec Cheikh Saliou MBack√©, une nouvelle dynamique est donn√©e au processus de cr√©ation urbaine en vue de r√©√©quilibrer l’espace urbanis√©. De nouvelles trames d’accueil sont implant√©es √† Darou Nahim, Darou Tanzil √† l’ouest, NDame-Al Azar au Sud, Darou Mannane IV au sud-ouest et le long de la route de Darou Mouhty au nord soit un total de 8948 parcelles.

Le projet des 100.000 nouvelles parcelles dont 26 concessions destin√©es √† √™tre « Keur Serigne Touba » est en cours d’application.

De nouveaux travaux sont effectu√©s dans la Grande Mosqu√©e (installation d’une sonorisation d’une port√©e de 12 km de rayon, embellissement du mausol√©e de Cheikh Ahmadou Bamba, r√©novation et recomposition du d√©cors des minarets) et les travaux de l’Universit√© Islamique sont en cours d’ach√®vement.

¬†En mati√®re d’infrastructures, les voies principales menant √† la Grande Mosqu√©e sont d√©sormais dot√©es d’un √©clairage moderne. Un r√©seau d’ assainissement sur un lin√©aire de 18 km assure l’√©vacuation d’une partie des eaux pluviales.

Aïnou Rahmati : Le puits de la miséricorde

ainou_rahmati

La source de la mis√©ricorde, o√π on vous accueille et vous sert de l’eau b√©nite d’un puits qui est un don de DIEU accord√© au CHEIKHOUL KHADIM par la gr√¢ce d’un verset CORANIQUE, o√π DIEU le Tout Puissant et le Mis√©ricordieux D√©clare :

¬† » DE LA TERRE, NOUS AVONS FAIT JAILLIR DES SOURCES « .

Serigne Touba a d’ailleurs mis en lumi√®re la puret√© de cette Eau  » QUICONQUE S’EN DESALTERE, DIEU ASSIMILE SON C≈íUR ET EN FAIT UNE CLE DE L’INCONNAISABLE…..DIEU NOUS A GRATIFIE DU SALUT, DE L’IMMUNITE CONTRE TOUTE CALAMITE OU PERIL ».

Cette source est le prolongement de ZAM ZAM l’Eau b√©nite de la MECQUE . Le CHEIKH a √©crit des versets pour mieux informer les musulmans sur l’importance de ce puits ; disant :

 » DIEU TU NOUS A FAIT BOIRE LA MEILLEURE EAU QUI DONNE LA MISERICORDE A CELUI QUI EN BOIT . IL AURA LE PARDON ICI BAS ET DANS L’AU DELA » .

Ce puits, a √©t√© creus√© par CHEIKH IBRAHIMA SARR  » DIZAKA  » , sur ordre de SERIGNE TOUBA.

SERIGNE ABDOUL AKHAD 4éme KHALIFE lui donna sa physionomie actuelle grâce aux DAHIRA DES ETUDIANTS MOURIDES .

La Bibliothèque Cheikhoul Khadim

bibliotheque cheikhoul khadim

Les oeuvres du CHEIKH sont évaluées selon des sources concordantes à près de 7,5 tonnes embrasant tout les domaines du savoir ( Tawhidfoi Р; Fiqhdroit- ; Tasawoufsoufisme Рdes poèmes dédiés à DIEU et au PROPHÈTE PSL ).

Une raison suffisante pour construire cet √©difice majestueuse o√π cohabitent toutes sortes d’exemplaires du Coran r√©dig√©s par le CHEIKH ses enfants, ses petits enfants mais aussi des exemplaires du Coran venant de tous les pays du monde Islamiques .

Cette biblioth√®que est un vieux projet Mourides . En effet d√©s 1949 le lieutenant MERLES DES ISLES faisait remarquer qu’une biblioth√®que √©tait pr√©vue √† l’est de la Mosqu√©e .

C’est le CHEIKH ABDOUL AKHAD MBACKE 4√®me khalife de SERIGNE TOUBA qui eu l’honneur de r√©aliser cette ≈ìuvre colossale qui dispose de 200.000 ≈ìuvres des plus vari√©s √©quivalant en F CFA √† 150. Millions L’ensemble de l’√©difice √† co√ªt√© 225. Millions .

BAYE LAHAD repose dans le jardin de l’√©difice, sur recommandation de son successeur CHEIKH ABDOUL KHADR MBACKE.